Attendre : je gagne à perdre du temps

Forcément, le titre de cet article de Clé m’a interpellé « Attendre : je gagne à perdre du temps« … et la lecture des premières lignes m’a littéralement happé. Je vous les livre, pour vous donner envie de vous y plonger. Gare à l’identification, ça peut faire mal !

Article de Nouvelles Clés rédigé par Isabelle SORENTE :

« Direction porte d’Orléans, prochain train dans une minute, le suivant dans quatre minutes, me voilà rassurée, l’attente aura une fin rapide, du moins à en croire la voix synthétique qui résonne sur les quais du métro parisien. La cuisson de mes pâtes n’excèdera pas neuf minutes, la pose du masque réparateur, trois, la durée de mon trajet sur le périphérique, un quart d’heure, l’attente du taxi, une Mercedes de couleur grise, sept minutes, le plus compliqué restant finalement de parler à un opérateur, un vrai être humain, avec un prénom et une voix qui tremble. Cela se mérite, se gagne au prix d’une attente inouïe, vingt minutes pour parler à quelqu’un. Et voilà qu’on en parle de cette attente scandaleuse, on la raconte aux autres comme un voyage au bout du monde, et le plus étonnant, c’est que les autres comprennent, ils trouvent cette attente aussi scandaleuse que nous, le scandale numéro trois, juste après le vieillissement et la mort : attendre, comme si l’instant nu, le présent à découvert, nous devenait insupportable. »

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Et rien que pour le plaisir, quelques extraits minutieusement choisis :

  • Attendre, c’est rendre le changement possible et non se résigner.
  • Lorsqu’on ne sait pas attendre, le travail ne peut que refléter l’air ambiant. On ne produit aucun résultat innovant, rien qui féconde l’esprit des autres. On ne pense pas, on reflète la mode.
  • Une société qui ne sait plus attendre fabrique aussi des jugements rapides.
  • L’utilisation de la technologie par le marché, le marketing, constitue une gigantesque machine à fabriquer de l’impatience.
  • Chaque fois que nous souffrons d’impatience, nous aspirons en réalité à une société où l’attention puisse s’exercer. Le malaise que nous ressentons alors fait notre force : nous savons que l’essentiel se trouve au-delà de l’urgence.
Par | 2018-02-20T17:46:04+00:00 22 février 2012|Coup de coeur, S'organiser au travail|0 commentaire