Lecture : Comment j’ai vidé la maison de mes parents

Voilà longtemps que je voulais lire ce livre, sans prendre le temps de m’y plonger. Voilà qui est chose faite et quelle belle découverte !


Le sujet n’est pas facile : le deuil de ses parents et comment trouver le courage et l’énergie de faire le tri dans leurs affaires, de vider LEUR maison.


L’auteure, Lydia FLEM, nous livre son vécu que l’on sent encore vif : la douleur, la fatigue, le ressenti, les souvenirs et les différentes phases par lesquelles elle est passée pour réussir à trier et donner une seconde vie à tout ce qui faisait le quotidien et l’histoire de ses parents. Ce livre est un véritable exutoire pour l’auteure. Lydia FLEM nous dresse le portrait des disparus, partage avec nous leur vie passée, les souvenirs qui remontent en elle sans être refoulés, les petits riens et les grands tout… un récit à cœur ouvert de son expérience. Son expérience du deuil et du grand vide qui s’en suit : que faire de ses « biens » laissés en « héritage » plus poids que cadeaux.

Ceux d’entre vous, amis lecteurs, qui ont déjà traversé cette douloureuse épreuve y retrouveront un vrai vécu.

Un récit, s’il est nécessaire, qui nous montre à quel point les objets nous entourant au quotidien peuvent être des fardeaux.

Quelques extraits :

« Les premiers jours, je me persuadai que j’allais « ranger » et non pas « vider » la maison de mes parents. Il m’arriva plusieurs fois de prononcer un verbe pour l’autre.
Mettre de l’ordre ou déménager représente souvent une épreuve, mais ces actions banales deviennent insupportables lorsqu’il faut, à cette occasion, remuer le passé des disparus, se confronter à chaque instant à leur perte, à leur disparition : pourquoi suis-je chez eux alors qu’ils ne sont pas là? »

« Combien d’heures avais-je déjà passées à les (les objets) soupeser, à me laisser envahir par les souvenirs, à rester indécise, ne sachant qu’en faire, voulant tout à la fois m’en séparer et les conserver ? Je les prenais en main comme pour leur dire adieu puis, lasse, les reposais dans un carton, remettant à plus tard une décision trop déchirante ».

« Dans cette atmosphère, j’aimais particulièrement donner.Donner dans un élan, sans réfléchir, en faisant confiance à mon intuition, sentir que tel vase noir à fleurs dorées conviendrait à l’un, et telle coupe aux lignes pures à l’autre… Rapprocher les choses et les gens. Jouer à la marieuse. J’aimais offrir et j’aimais le petit morceau de vide qui s’ensuivait. Il ne fallait pas tergiverser, hésiter. Tout se jouait en un instant. C’était un moment de grâce, un échange inhabituel : je recevais en donnant. Je donnais pour recevoir. J’étais moi et j’étais l’autre. Je transformais mon héritage en dons multiples. »

Autre article du blog sur le deuil et la transmission : Garder pour transmettre ?

Par | 2018-02-20T18:14:53+00:00 23 juin 2011|Désencombrer - Ranger|0 commentaire